
La France, puissance mondiale du jeu vidéo
Quand on parle de l’industrie du jeu vidéo, on pense immédiatement au Japon, aux États-Unis ou à la Corée du Sud. Pourtant, la France est le troisième producteur de jeux vidéo en Europe et abrite certains des studios les plus créatifs et les plus influents de la planète. De l’empire Ubisoft aux pépites indépendantes, la French Touch du gaming est reconnue mondialement pour son originalité, sa narration et son audace artistique.
L’industrie française du jeu vidéo représente plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie près de 35 000 personnes. Des écoles prestigieuses comme Supinfogame, Isart Digital et les Gobelins forment chaque année des centaines de talents qui alimentent les studios du monde entier. La French Touch n’est pas un slogan : c’est une réalité industrielle et culturelle.
Ubisoft : le géant français
Fondée en 1986 à Carentoir, en Bretagne, par les cinq frères Guillemot, Ubisoft est devenue l’un des plus grands éditeurs de jeux vidéo au monde. Avec des franchises emblématiques comme Assassin’s Creed, Far Cry, Just Dance, Rainbow Six et Rayman, le studio montpelliérain (et parisien, et montréalais…) a façonné le paysage gaming mondial pendant quatre décennies.
Assassin’s Creed, en particulier, est devenu bien plus qu’un jeu : c’est une franchise culturelle qui enseigne l’histoire à des millions de joueurs. De la Renaissance italienne à la Révolution française, de l’Égypte ancienne à la Grèce antique, la série a transformé l’apprentissage historique en aventure interactive. Le mode Découverte, qui permet d’explorer les décors sans combat, est utilisé dans des écoles du monde entier.
Don’t Nod : les maîtres de la narration
Don’t Nod Entertainment, basé à Paris, s’est imposé comme l’un des studios les plus innovants en matière de narration interactive. Life is Strange, leur création la plus célèbre, a touché des millions de joueurs avec son histoire d’adolescence, de voyage dans le temps et de choix moraux impossibles. Le jeu a prouvé qu’un jeu vidéo pouvait faire pleurer autant qu’un film.
L’approche de Don’t Nod est typiquement française : privilégier l’émotion et le récit sur l’action pure. Leurs jeux sont des expériences contemplatives où chaque décision compte, où les personnages sont complexes et imparfaits, et où les fins ne sont pas toujours heureuses. C’est du cinéma d’auteur interactif, et c’est magnifique.
Asobo Studio : le prodige bordelais
Asobo Studio, basé à Bordeaux, est passé du statut de studio méconnu à celui de révélation mondiale grâce à deux projets extraordinaires. A Plague Tale: Innocence et sa suite Requiem ont impressionné le monde entier par leur qualité narrative et visuelle. L’histoire d’Amicia et Hugo, deux enfants fuyant l’Inquisition au milieu de la peste noire, est un chef-d’œuvre d’émotion et d’horreur.
Mais c’est Microsoft Flight Simulator qui a véritablement fait d’Asobo un studio de classe mondiale. La simulation, qui reproduit la Terre entière en temps réel grâce à des données satellite et à l’intelligence artificielle, est considérée comme l’une des réalisations techniques les plus impressionnantes de l’histoire du jeu vidéo. Et tout ça vient de Bordeaux.
Arkane Studios : le génie lyonnais
Arkane Studios, fondé à Lyon en 1999, est l’un des studios les plus respectés par les critiques et les joueurs exigeants. Dishonored, Prey et Deathloop sont des jeux d’immersive sim qui offrent une liberté de jeu rarement égalée. Chaque mission peut être abordée de dizaines de manières différentes, encourageant la créativité et l’expérimentation.
La philosophie d’Arkane — donner au joueur les outils et le laisser trouver ses propres solutions — est une signature qui influence toute l’industrie. Deathloop, qui mélange boucle temporelle et infiltration, a remporté de nombreux prix et démontré que l’innovation française en game design est vivace et audacieuse.
La scène indie française
Au-delà des grands studios, la France possède une scène indépendante dynamique. Motion Twin (Dead Cells), Devolver Digital partner Furi (The Game Bakers), Amplitude Studios (Humankind, Endless Space), Spiders (GreedFall)… Ces studios plus petits apportent une diversité créative qui enrichit le paysage gaming mondial.
Dead Cells, développé par Motion Twin à Bordeaux, est l’un des roguelikes les plus vendus de l’histoire. Son succès a prouvé qu’un petit studio français pouvait rivaliser avec les plus grands en misant sur la qualité du gameplay plutôt que sur le budget marketing. La French Touch du gaming, c’est aussi ça : l’audace de croire que la créativité peut triompher des moyens limités.
La France ne se contente pas de jouer aux jeux vidéo — elle les crée, les réinvente et les exporte au monde entier. Et ce n’est que le début.
